Recevoir un stagiaire alors qu’on travaille seul, sans salariés et parfois même sans locaux ? Ce n’est pas un scénario réservé aux grandes entreprises, mais une réalité encadrée par la loi pour tous les entrepreneurs individuels. Dès lors que l’on souhaite intégrer un étudiant en formation à ses côtés, chaque étape est balisée : convention tripartite obligatoire, même pour les structures les plus modestes, et gratification automatique dès le troisième mois de présence, peu importe la forme juridique de l’activité.
La réglementation fixe des limites nettes en matière de stages pour les entrepreneurs individuels. Voici ce qu’elle prévoit :
- Un entrepreneur individuel ne peut superviser qu’un seul stagiaire à la fois. Une exception subsiste uniquement pour certains stages de découverte, à valider avec l’établissement scolaire.
- Les démarches administratives sont à prendre au sérieux : déclaration auprès de l’école, convention de stage formalisée et inscription du stagiaire dans un registre spécifique s’imposent, même sans salarié ni local.
Accueillir un stagiaire en tant qu’auto-entrepreneur : ce qu’il faut savoir
Faire une place à un stagiaire dans une micro-entreprise, c’est possible, même pour un auto-entrepreneur seul aux commandes. Le statut auto-entrepreneur n’est pas un frein : il permet d’accueillir un étudiant, à condition de respecter un cadre strict. Qu’il s’agisse d’une structure avec ou sans locaux, avec ou sans salariés, la règle reste la même.
Tout commence par la signature d’une convention de stage tripartite. Ce document, signé par l’entrepreneur individuel, le stagiaire et l’établissement d’enseignement, précise les missions, la durée, les horaires et les modalités d’encadrement. Impossible de passer outre : sans convention, pas de stage. C’est la base de toute collaboration, même temporaire.
La loi limite à un seul le nombre de stagiaires qu’un auto-entrepreneur peut accueillir simultanément. Cette restriction, issue du code de l’éducation, vise à garantir aux étudiants un accompagnement de qualité. Seules de rares exceptions existent, validées par le projet pédagogique de l’établissement.
Si le stage se prolonge au-delà de deux mois consécutifs, la gratification devient obligatoire. Pour 2024, elle s’élève à 4,35 € de l’heure, calculée sur la base du plafond horaire de la Sécurité sociale. Cette règle s’impose à toutes les entreprises, y compris les micro-entreprises. Autre obligation : inscrire le stagiaire dans un registre dédié, même en l’absence de registre du personnel classique.
La responsabilité civile professionnelle de l’auto-entrepreneur doit couvrir l’activité du stagiaire durant toute la période du stage. Cette précaution protège l’entrepreneur comme l’étudiant et doit être anticipée avant tout accueil. Un stagiaire dans une micro-entreprise, c’est donc une organisation rigoureuse, mais aussi l’occasion d’enrichir son activité tout en respectant la loi.
Quelles sont les conditions légales pour recruter un stagiaire ?
Avant d’intégrer un étudiant, l’organisme d’accueil doit vérifier sa conformité avec le code de l’éducation et la loi sur l’encadrement des stages. Ces règles s’appliquent aussi bien à un stage en micro-entreprise qu’à une structure classique.
La première étape est l’élaboration d’une convention de stage, signée par les trois parties concernées. L’entrepreneur individuel, l’établissement d’enseignement et le stagiaire s’accordent sur les missions confiées, la durée, les horaires et l’accompagnement pédagogique. Hors convention, le stage est assimilé à du travail dissimulé, ce qui expose à de lourdes sanctions.
En micro-entreprise, la durée totale du stage ne doit pas dépasser six mois par an, et le temps de présence hebdomadaire respecte les usages de l’entreprise. Dès la 309e heure (soit environ deux mois consécutifs), la gratification devient obligatoire, avec un montant fixé selon le plafond horaire de la Sécurité sociale.
La convention doit également indiquer le tuteur désigné dans la micro-entreprise. Ce référent suit le stagiaire tout au long de sa mission, en lien avec l’enseignant de l’établissement. Les droits à congés ou autorisations d’absence sont précisés et alignés sur ceux des étudiants salariés, pour garantir une protection minimale.
En respectant ces formalités, le recrutement stagiaire se fait dans un cadre clair et sécurisé. Chaque clause préserve les intérêts de l’élève comme de l’entrepreneur et assure une expérience formatrice, sans écart avec les exigences de la loi.
Les démarches incontournables pour intégrer un stagiaire dans sa micro-entreprise
Pour l’auto-entrepreneur, chaque étape doit être structurée. Tout débute avec la convention tripartite, signée entre l’étudiant, l’établissement de formation et la micro-entreprise. Ce document détaille précisément les missions, la durée et les modalités d’accueil, et désigne un tuteur chargé du suivi, en lien avec l’enseignant référent.
Il est ensuite nécessaire de tenir un registre des conventions de stage. Cette liste, souvent oubliée, récapitule toutes les conventions signées sur l’année. Elle protège l’auto-entrepreneur lors d’éventuels contrôles de la Direccte ou de l’inspection du travail.
La souscription à une responsabilité civile professionnelle ne se résume pas à un simple papier. Elle permet de couvrir les éventuels dommages causés par le stagiaire à des tiers pendant toute la durée du stage. Certains contrats d’assurance intègrent déjà cette extension, mais il reste prudent de vérifier son contrat ou de consulter son assureur pour éviter toute surprise.
Avant le début du stage, organiser une rencontre tripartite avec l’étudiant et l’enseignant référent permet de définir des missions adaptées au secteur d’activité et au niveau de formation du stagiaire. Cette anticipation favorise une intégration réussie et clarifie les attentes de chacun.
Respecter ces démarches, c’est offrir un cadre solide au stagiaire et renforcer la crédibilité de l’auto-entrepreneur auprès de ses partenaires et clients.
Obligations, avantages et bonnes pratiques pour réussir l’accueil d’un stagiaire
Superviser un stage implique de suivre plusieurs obligations légales, sous peine de sanctions. Une fois la barre des deux mois franchie, il faut verser au stagiaire une gratification minimale chaque mois, 4,35 € par heure en 2024, montant indexé sur le plafond de la Sécurité sociale. Cette somme, exonérée de cotisations sociales dans la limite du seuil légal, ne constitue pas un salaire, mais reste un droit pour le stagiaire.
Les conditions de travail ne sont pas laissées au hasard. Le stagiaire, même au sein d’une micro-entreprise, profite du même encadrement que les salariés : durée maximale d’activité hebdomadaire, congés pour absences justifiées, accès à la restauration collective si elle existe. Le non-respect expose à des sanctions, notamment si la convention n’est pas respectée ou si le stagiaire effectue des tâches interdites.
Ouvrir sa porte à un stagiaire, c’est bien plus qu’une contrainte administrative : c’est aussi l’occasion de transmettre son savoir-faire, de bénéficier d’un regard neuf et, parfois, de préparer une embauche future sans créer de lien hiérarchique classique.
Pour que ce partenariat soit bénéfique, voici quelques pratiques à privilégier :
- Définir des missions précises, adaptées à la fois à l’activité de l’auto-entreprise et au niveau du stagiaire.
- Planifier des points réguliers pour évaluer les progrès, ajuster les objectifs, et répondre aux questions.
- Valoriser le travail du stagiaire, en reconnaissant son apport concret au quotidien.
Le cadre posé par la législation française offre aux entrepreneurs individuels la possibilité d’intégrer et de former un stagiaire dans des conditions transparentes et sécurisées. À l’arrivée, ce sont souvent de belles rencontres professionnelles, des compétences partagées, et parfois, l’envie de renouveler l’expérience.


